PSG & Emotions

Histoires d'une supportrice ou comment un match est vécu depuis les tribunes, avec tout ce que ça comporte comme émotions, stress, joies... Juste pour dire que le public Parisien n'est pas composé que de hooligans !

16 décembre 2006

15/01/05 : PSG-Toulouse

   Je reste sans voix. Autant de mesures prises pour la « sécurité » au Parc, là, il faut dire ce qui est : ça vire au ridicule !
   Quand je suis arrivée ce soir vers 19h10 devant les grilles d’Auteuil, j’ai tout d’abord pensé, en voyant la foule qui s’amassait devant celles-ci, que la tribune n’était pas ouverte. Mais j’avais tort : les guichets étaient bel et bien ouverts. Alors pourquoi autant de monde ? J’ai tout de suite compris : Comme pour nous souhaiter la « bonne année », la fouille avait lieu à l’extérieur du stade, et on passait au guichet au compte goutte ! Pas étonnant alors qu’autant de supporters soient encore dehors à moins d’une heure du coup d’envoi ! C’est vraiment lamentable d’en arriver là, au point d’être traité comme du bétail. Il n’y a absolument plus aucun respect envers les fidèles du Parc qui, rappelons le, fournissent quand même une bonne partie du chiffre d’affaires du club, grâce au prix des abonnements exorbitants… (cf. : chapitre sur les abonnements)
   Etre parqués là, comme des voyous ; alors que la seule chose qu’on souhaite, c’est de pouvoir assister au match des Rouges et Bleus ! Et les fouilles étaient tellement rapides, que certains n’étaient même pas installés en tribune au coup d’envoi. Et tout ça pourquoi ? Parce que Messieurs Graille et Larrue en ont décidé ainsi ! C’est inadmissible, surtout quand on paye 300€ d’abonnement annuel.
   Arrivée tant bien que mal à ma place, chez les Titans, la tribune est encore presque vide, et pour cause - tout le monde n’ayant pas la possibilité d’arriver 1h avant le match, beaucoup sont encore en bas, à attendre… Une fois là-haut, je m’aperçois qu’il n’y a pas de mégaphone, pas de bâche, et une banderole commune aux deux Kops : « CE SOIR PAS D’ AMENDE, LA VERITE SUR : WWW.VERITE-SUPPORTERS.NET ».
   Bien sûr, il s’agit d’une grève, d’une révolte, aussi insignifiante soit-elle pour ces « pseudo dirigeants » du club. Ca tourne au n’importe quoi : même certains joueurs sont d’accord avec nous !
   Mais sur le terrain, soyons honnêtes, ce n’est pas ça non plus. En première période, calme plat (ou presque), et après ce n’est pas mieux : un pénalty « inexistant » est sifflé, mais ne sert à rien – on se demande où Pauleta avait la tête- des coups francs qui passent inaperçus, et des parisiens qui ne sont même pas capables de pousser le ballon dans les buts, alors que Revault était battu !!! C’est inqualifiable, de la part d’un club avec un tel budget (le deuxième de France). Et bien sûr, la cerise sur le gâteau : le prochain match se joue à huis clos –décision de la commission suite aux fumigènes allumés et lancés sur la pelouse pendant PSG/Metz- et aucune indemnisation pour les supporters dont l’abonnement comprend ce match. Ce n’est pas tellement les 8€ ou 10€ qui reviennent à chacun, mais c’est sur le principe. Le fait que le club se moque vraiment de nous, et la preuve que ce que cherche à faire ce cher président, c’est virer ses propres supporters ! C’est vraiment du jamais vu ! Un club sans supporter, ça n’a pas d’âme, pas de vie, et surtout pas de FRIC. Parce que c’est de cela qu’il s’agit. Si encore cet argent était employé correctement ! Mais non, le club achète des joueurs bons à rien : comment expliquer qu’avec trois attaquants, il n’y en ait pas un qui soit fichu de leur donner le ballon ? Evidemment, les esprits se sont échauffés, et un parisien (peu importe lequel, à ce niveau, cela n’a plus d’importance) a eu droit à un carton rouge. Mais c’est la routine. Parce que, un match du PSG sans carton rouge, ce n’est pas un match du PSG !!!! C’est vraiment la déchéance…
   Quelle que soit l’issue du conflit, j’espère juste que les choses pourront redevenir à peu près normales en tribune : même les associations, telles que les Lutèce Falco, se sont vu confisquer leur matériel. C’est quand même malheureux de voir qu’elles n’ont plus accès à leur propre local… Puis chanter les « Graille Démission » ou autres noms d’oiseaux pour Larrue, ça va un moment, mais cela ne peut continuer éternellement. Où va-t-on ? A ce rythme-là : tout droit à la dissolution des associations… Sauront-ils, les uns et les autres, revenir à la raison avant que cela ne dégénère réellement ? Parce que même si je le vis de l’intérieur, que ça me fait mal au ventre de voir mon équipe dans une si mauvaise passe ; même si je comprends la rage qui anime certains – et je pèse mes mots – il va falloir que cela s’arrête, qu’une solution ou qu’un compromis soit trouvé.
   Avec les années, ma flamme pour ce club est toujours aussi forte, même si elle est différente. J’ai appris à vivre à ressentir les émotions du stade autrement. Et quoi qu’il advienne, je n’oublie pas qu’un jour « j’ai vu jouer Paris, j’ai vu gagner Paris, et c’est pourquoi mon cœur bat rouge et bleu »…


Posté par Choco8 à 12:07 - SAISON 2004-2005 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07/11/04 : PSG-OM

   Olivier est parti. Notre pote est s’en est allé lundi (le 01/11/04). C’est donc avec une pensée émue que nous, les Titans, abordons ce match. Il est 17h, et nous avons rendez-vous devant l’église de la porte de Saint-Cloud, juste pour boire un verre à sa santé, lui dire au revoir une dernière fois. On espère gagner ce match. Il faut qu’on gagne. La victoire est obligatoire, pour lui.
   L’ouverture des grilles approche, nous sommes devant les « 2 stades » et nous pensons à lui. Il devrait être là parmi nous, il les insulterait les Marseillais ; de tout son cœur, de toute sa voix, de toute son âme. Au lieu de quoi on regarde le ciel en se disant qu’il veille sur nous, sur le parc, sur le match.
   Enfin les CRS ouvrent les barrières, et tout le monde se rue vers les grilles. Vérification de la carte et fouille habituelles passées, nous nous retrouvons en tribune, à nos places. Nous déplions la banderole que nous avons préparée la veille en son honneur : « Fier d’être parisien, même au paradis… Salut Olivier ». Et plus l’heure tourne, plus le stade se remplit, et nous nous apercevons que des banderoles en sa mémoire voient le jour dans toutes les tribunes… Ca fait chaud au cœur, surtout que sa famille est là, avec nous à Auteuil. On a tout fait pour l’honorer : il a été demandé qu’une minute de silence soit respectée avant le coup d’envoi. Malheureusement, ils ont pensé en haut lieu que ce n’était pas faisable, pour « raisons de sécurité ». Vous entendez ça ? Il faudrait vraiment qu’on nous explique en quoi une minute de silence peut-elle nuire à la sécurité dans un stade ! Certes, on vous dira que c’était contre l’Olympique de Marseille, et que c’est un match à hauts risques. Mais, honnêtement, en quoi cette minute de recueillement, de mémoire et de respect aurait-elle empêché le bon déroulement de la rencontre et des mesures de sécurité si particulières à ce match ? Nous savons pertinemment que des minutes de silence ont déjà eu lieu pour des supporters avant un match, quel qu’il soit. Alors, pourquoi ce refus ? Le conflit avec les dirigeants du club était déjà ouvert…
   Toujours est-il que ce soir-là, nous avons chanté, crié, hurlé plus fort que d’habitude. Pour Olivier. Parce que c’était son match. Et il faut croire qu’il a réellement veillé sur le Parc, puisque nous l’avons remportée cette rencontre. Les joueurs se sont battus : réduits à dix, ils inscrivent le premier but (Pauleta, 31e). Mais, l’infériorité numérique restant un handicap, Paris encaisse un but juste avant la mi-temps (Battles, 41e). Tout est à refaire. Alors après la pause, il faut se battre, tenir encore quarante cinq minutes, aller au bout des forces qu’il nous reste. Prouver que même à dix, on ne se laisse pas faire devant ces Marseillais tellement fiers et sûrs de venir chercher le point du match nul chez nous. Mais comme on dit, tant que l’arbitre n’a pas sifflé, le match n’est pas fini. Et le PSG tient le coup, résiste autant qu’il peut aux assauts des phocéens… C’est finalement Cissé qui délivrera l’équipe et ses supporters en inscrivant le second but parisien (70e). Le stress et la tension laissent place à l’euphorie dans le stade. Du haut de la tribune Auteuil, notre joie est intense, indescriptible. Embrassades et étreintes sont de mise ; Olivier et dans la tête et le cœur de chacun d’entre nous. Il l’a eue sa victoire, il la mérite.
   Malgré son départ prématuré de notre monde, il reste avec nous à chaque match. Comme symbole, sa casquette est accrochée systématiquement au haut-parleur des Lutèce. De cette manière, il assiste toujours aux performances des Rouge et Bleus de là où il est. Et pour longtemps, on l’espère…


Posté par Choco8 à 12:02 - SAISON 2004-2005 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18/12/04 : PSG-Metz

Il est presque 19h15 quand je pénètre dans l’enceinte du Parc. Avant d’entrer, on m’a distribué un tract annonçant une grève en tribune : ce soir, le mot d’ordre est SILENCE ! TRIBUNE MORTE. Et effectivement, c’est plus que mort : pas de banderole, pas de mégaphone, pas d’animation, rien… Même pas les traditionnelles « Feuilles de Oufs » éditées par les Lutèce. Et c’est tellement mort, qu’il n’y a aucune insulte qui fuse à l’encontre des Messins. C’est vraiment du jamais vu !
Parce qu’il faut bien vous dire qu’a chaque match, l’équipe adverse en prend pour son grade, même si ça reste verbal. C’est aussi ça qui fait l’ambiance…. Vous imaginez qu’on les a laissé chanter « On est chez nous » ! Et franchement, un Parc sans chants n’a pas d’âme. C’est particulier comme ambiance, enfin si on peut encore dire ambiance.
Parce que depuis quelques saisons, la réelle ambiance s’est amplifiée : le Kop de Boulogne est presque devenu fréquentable (en tous cas chez les Boys), et la tribune G a pris exemple sur Auteuil : ils ont créé leur propre association : les AUTHENTICS. Et à chaque match, ils sont avec nous, ils chantent, ont leurs banderoles, et font même des tifos…
Mais ce soir, rien. Pas même les bâches officielles des associations…. Puis comme le début match n’est pas spécialement prometteur, cela ne nous incite pas vraiment à pousser nos joueurs… Les seuls grondements qui émanent de la tribune sont des « Graille, démission » ou des « dehors Larrue ». Cela avait déjà été entendu lors de matches précédents, mais ce 18 décembre, ce sont les seuls slogans qui ont été chantés. Car s’il fait froid sur le Parc en cette période hivernale, ce n’est pas seulement le vent et la température extérieure qui sont responsables : un conflit est bel et bien ouvert entre les associations de supporters officielles et les dirigeants du club. A savoir Francis Graille (Président du PSG), et Jean-Pierre Larrue (nouveau chef de la sécurité, et ancien fonctionnaire de police). En effet, ce dernier fait tout pour museler les supporters. Alors les associations qui étaient là avant lui comptent bien rester encore après son départ, même si les meilleures conditions ne sont pas réunies par les temps qui courent. Certains supporters font dans la provocation : d’un coup, plusieurs fumigènes sont allumés simultanément coté Boulogne et Auteuil. Il n’y a donc rien d’anodin. Puis une banderole est déployée : « Graille, cette amende t’es offerte par les supporters », ou encore « Non à la criminalisation des supporters ». Il faut savoir que les fumigènes sont interdits au stade (comme quoi, même si les instances affirment que les fouilles sont accentuées et la sécurité améliorée, il y a encore du chemin…), et que le club concerné paye des amendes quand ses supporters les allument et surtout les lancent au bord de la pelouse.
Et soudain, à l’approche de la mi-temps (39è minute), un but ! Mais la réaction dans les tribunes est plus que mitigée, et pour cause : si le ballon a franchi la ligne de but, c’est uniquement parce qu’un messin l’y a malencontreusement poussé… Alors d’accord, on mène, et juste avant la pause c’est bénéfique. Mais ce n’est pas pour cela que l’équipe domine ou qu’elle est à l’abri pour autant. Parce qu’on les connaît les Parisiens. Après un but, ils ont tendance à « gérer » comme on dit, et à reculer. Ce qui leur a bien souvent coûté les 3 points de la victoire. Résultat, à la pause ils sont quand même sifflés.
Puis le match reprend. Ils ont l’air de se mettre à jouer et ça paye : en seconde période, le public commence à les encourager, à les pousser tant bien que mal (mais toujours des slogans à l’attention des dirigeants), et finalement 2 autres buts sont inscrits par les Parisiens (Pauleta, Pancrate). C’est la délivrance : 3 points de plus au classement, c’est pas du luxe, et la trêve arrive à point nommé. Le championnat de France reprendra ses droits le 12 janvier à Caen, et le 15 janvier au Parc, contre Toulouse.

Posté par Choco8 à 11:49 - SAISON 2004-2005 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1